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  Holtana  

 

holtana et holstind

Nous abandonnons le premier pilier, beaucoup de grands feuillets détachés, c'est la roulette russe. A distance, le rocher paraît solide, mais passablement délité en surface surtout sur les arêtes. Une équipe lourde avec tous les portages à effectuer prend trop de risques. Nous montons donc au sommet par l'autre versant. Pose d'un rappel très spectaculaire au haut de la tour, puis bivouac au sommet avec Alain. Puis, nous attaquons la 2ème tour de L'Holtanna toute aussi impressionnante, ici personne n'a encore mis les pieds.

Elle ne possède aucune voie facile, parois et arêtes vertigineuses de partout, un monobloc de granit qui sort du plateau telle une dent de sa gencive. La face ouest est absolument verticale, le fil aplomp, aucune fissure, il faudrait la génératrice et les perceuses pour planter des pitons,besogneux et inintéressants.

Notre pilier est varié et de toute beauté : dalles - fissures - arêtes cheminées - tafonis formés dans la roche par le vent. Escalade très originale et magnifique à mesure que l'on dénivelle "ça prend beaucoup de gueule ". Granit à très gros grains qui offre de beaux grattons, mais parfois un peu friable. La nature nous donne une sculpture de roche de quoi émerveiller le visiteur des lieux et inspirer l'artiste. Je passe de belles journées à équiper la voie, soit en solo, soit avec Alain. Le vent ou l'ombre doublent l'effet du froid. Il faut parfois lutter pour progresser. Les mains sont un peu douloureuses et des fissures se forment sous l'effet du froid, l'on grimpe souvent sans gant. Le pilier s'allonge, il y a du travail : une journée pour deux longueurs dans le haut. Larges fissures et cheminées surplombantes très athlétiques, exercice de ramonage dans tous les sens.

Nous sommes 1000 m au-dessus du plateau, moins à l'aise que les magnifiques pétrels qui planent autour du pilier en habits blancs. Plus de 25 longueurs avec des difficultés de 6 B en libre et A 3 en artificiel, une semaine pour équiper et la nuit de la nouvelle année, nous sommes au sommet. J'arrive à 1 h du matin- heure antarctique-, course fantastique, quel bonheur !! Nuit sur portalyes ou pour ma part dans un trou de rocher. Le vent et les millions d'années ont formé de véritables couchettes par endroit. Finir l'an 2000 de cette manière dans cet endroit est un rêve. Descente rapide pour Alain et Ralf, l'avion vient chercher Daniel Jorge et Ralf, ils rentrent. Au réveil, je suis seul sur la montagne mais le passage de l'avion me fait comprendre les raisons du départ des autres. Une série de rappel me pose sur le grand plateau.