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L'équipe
- Chef d'expédition : Nadine Hubert de Bruxelles
- Interprète: Dynah Laermonth de Genève
- Nourriture : Alain Hubert d'Hyon
- Médecin : Pierre Soete
- Sherpas : Siredar Hang Passang et Zimba Zangbu de Kumjung
- Technique : André Georges
Présentation
L'Ama Dablam est l'une des plus belles montagnes du monde. Elle domine Namche Bazar, la capitale des Sherpas. Surnommée le "Cervin du Népal" elle est représentée partout notamment sur les timbres népalais et les billets de banque.
Montagne sacrée ouverte aux expéditions en 1978 seulement, 11 expéditions l'ont tentée à ce jour, 5 ont réussi, 4 fois par l'arête sud-ouest et une fois par l'arête nord.
L'Ama Dablam culmine à 6900 mètres seulement. Mais ce sommet très effilé possède de grosses difficultés techniques bien plus grandes que n'importe quel 8000. L'arête Est est la voie la plus difficile. Une arête longue de 3 km 500 essentiellement neigeuse et glaciaire. Tout d'abord 200 mètres de glace à 49 degrés puis un couloir de 450 mètres à 55 degrés conduit au fil de l'arête.
Un premier ressaut de 200 mètres et une longue arête dentelée et cornichée sur 2 kilomètres, très effilée et recouverte de choux-fleurs, véritable labyrinthe de corniches dans les deux sens, entrecoupées, possédant de gros trous leur donnant une grande fragilité. Cette partie est très dangereuse et André a d'ailleurs fait 6 chutes avec des corniches qui cassaient sous ses pieds, dont une de 50 mètres sans trop de dommages heureusement.
Préparation du parcours
Le départ est donné le 19 mars 1983, via Dubai et Bangkok jusqu'à Kathmandou. Le trajet se fera en camion jusqu'à Jiri sur une route en construction puis à pied durant 15 jours le long de la vallée du Khumbu.
Le 10 avril, le camp de base est monté et 200 mètres de corde sont installés sur une pente de glace qui mène au pied de la montagne. Jusqu'au 18 avril, les camps I et II sont installés ainsi que des cordes fixes le long du parcours. Le 18 avril, André et Alain équipent 200 mètres de corde fixe dans les coux-fleurs.
Du 19 au 21 avril, installation du camp III, de 300 mètres de corde fixe puis du camp IV. C'est la sixième nuit passée à plus de 6000 mètres et aucun maux de tête ou autre. La grande forme est là.
Assaut final : 4 bivouacs
Le 22 avril la progression est lente sur des corniches surplombantes incroyables. Il neige et à 20 heures ils s'installent dans un trou.
Le 23 avril André fait une chute de 50 mètres après qu'une immense corniche se soit effondrée. Alain l'a retenu, il assurait André par l'épaule et le choc a été extrêmement violent. La veste d'Alain s'est déchirée sur tout le dos et André a un genou ouvert ainsi que des égratignures aux mains, au coude et au visage. Le vent se lève et il commence à neiger. Il est impossible de continuer dans ces conditions et ils bivouaquent une deuxième nuit.
Le 24 avril, départ à 6 heures. André essaie de passer sur une corniche qui lui paraît solide. Mais à peine un peu de poids sur la corniche et tout s'effondre. André se retrouve 20 mètres plus bas. Le sac de couchage et le piolet sont perdus. Il réessaie un autre passage et cette fois c'est le bon.
La progression est lente mais ils finissent par atteindre la deuxième partie faite de pente en glace vive dominée par d'énormes séracs variant entre 55 et 90 degrés de déclivité. Ils pensaient atteindre le sommet en deux jours, ils en mettront cinq. Ils devront donc rester pratiquement deux jours et demi sans nourriture et sans boisson. Le bivouac est difficile avec des vêtements mouillés et sans sac de couchage par -25 degrés.
Le 25 avril ils grimpent toute la journée dans des cascades de glace pour sortir le soir sur une zone moins raide. La nuit est également très dure. André ne ferme pas l'oeil de la nuit et regrette vraiment son sac de couchage.
Le 26 avril la montée se fait dans 50cm de neige fraîche pour atteindre l'ultime rempart, un sérac haut de 80 mètres en glace vive vertical et surplombant. Il faudra 3 heures pour en venir à bout. A midi ils sont au sommet puis redescendent tout de suite par la face Ouest, voie directe et bien plus facile. A 20h30 ils arrivent sur le glacier où ils sont accueillis par Pierre et Zimba.
 passage du premier ressaut |
 passage avec cordes fixes |
 sommet de l'Ama Dablam |
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