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Après le Dhaulagiri...
En une semaine ils changent de côté de la vallée de la Kali Gandaki et installent le camp de base dans une endroit extraordinaire : un amphithéâtre entouré de montagnes spectaculaires de tous côtés.
Son projet initial était la face Ouest, mais c'est exclu en style alpin car la grande partie de la face est en glace vive. Il est donc obligé d'aller sur le versant Nord, la voie des Espagnols qui est la plus sûre.
Le 14 mai, de bonne heure, André monte au pied de l'Annapurna. Il doit passer pendant une heure sous un immense sérac, ce sera le moment de pas de course et de prières. Il fait ensuite un bon repas et vers 18 heures il part pour une nouvelle aventure.
Tout de suite la course est difficile, pente en glace vive à 50 degrés avec 3 petits passages verticaux sur 900m de haut pour arriver ensuite sur des pentes neigeuses. La neige s'est accumulée et il enfonce jusqu'aux genoux, cela prend une énergie folle et la progression est très lente. Par moment il essaie à quatre pattes. Quand les genoux ont vraiment froid il change de position puis recommence. Après des heures il essaie de partir vesr la gauche dans des pentes très raides où il enfonce moins. Il aura passé toute la nuit à brasser de la neige et au lever du jour il n'est qu'à 7200m.
Il comptait être au sommet vers les 8 heures car l'après-midi il fait tous les jours mauvais depuis plus d'une semaine et il voulait rentrer avant midi.
Il grignote mètre par mètre cette immense pente sommitale. Il a accumulé une grande fatigue et doute par moments. Un brouillard épais s'est installé et sur la crête sommitale souffle un vent violent. A 11 heures il est au sommet dans la tempête puis redescend tout de suite.
Vers 7000m il n'a plus de repères et se trouve dans une combe. Beaucoup de temps passe. Il sait qu'il faut absolument redescendre et au bon endroit car sous les pentes neigeuses se succèdent d'immenses séracs. Les traces profondes de ce matin ont disparu et enfin, la zone de séracs. C'est très difficile, il doit être au bon endroit et parfois un bout de corde fixe restant d'une ancienne expédition vient le rassurer.
Après la fameuse traversée sous les séracs le voilà sur le grand plateau à 18 heures, sorti des difficultés mais complètement crevé. Il marche depuis 29 heures sans arrêt avec une seule petite pose pour manger sa traditionnelle boîte de thon. Il aura mis 22 heures pour monter les 3700 mètres de l'Annapurna.
André est bien sûr très content d'avoir établi les deux records, soit les deux ascensions les plus rapides à ce jour sur les deux sommets respectifs (ndlr: Dhaulagiri et Annapurna)
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