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L'équipe
Parti de Clermont-Ferrant, le projet voit le jour après neuf mois de travail. Le budget est de Fr.470'000.-- pour douze personnes, plus les douze sherpas, les deux cuisiniers et l'officier de liaison. François Poissonnier s'occupe de la partie administrative et Jean-Marc Boivin de la partie technique.
André Georges a été invité par son ami Jean-Marc Boivin et le coup de fil de Jean-Marc a été comme une bombe pour lui. Il était fou de joie et complètement excité à l'idée de partir vers le toit du monde. C'est le rêve de tout guide de montagne et sa motivation était débordante.
André et Jean-Marc ont passé vingt jours, depuis leur arrivée au camp de base, à faire la course. Ils montaient soit dans la Eisfall, soit sur le sommet voisin.
Ils sont ensuite montés rapidement la combe ouest afin d'installer le camp II. Faire des plateformes, installer les tentes ; le travail est harassant. Ils ont ensuite installé les cordes fixes dans la face du Lhotse.
Jean-Marc et André avaient une grande complicité et des projets communs plein la tête. Ils avaient fait connaissance sur la Dent-Blanche et le Cervin. Ils partagaient également la passion du parapente et fait quelques vols depuis l'Aiguille du Midi.
Le 17 février 1990 au Salta Angel, au Vénézuéla, Jean-Marc Boivin est parti, victime du destin. C'était un Géant de la montagne qui réussissait tous ses projets. André conserve de lui des souvenirs inoubliables faits de complicité et d'amitié.
Année des tragédies
La montagne rend un verdict sévère. Michel Parmentier meurt d'épuisement à quelques mètres de sa tente, les Catalans ont des problèmes avec des gelures, un de leurs sherpas est emporté dans sa tente par une avalanche. Lapka Sona et son père disparaissent dans la descente. Par la suite, quatre Tchèques perdus dans cet univers glacé, les yeux gelés annoncent par radio leur mort prochaine après avoir réussi la terrible face sud sans corde fixe et sans oxygène.
D'ailleurs, il y a plus de cinquante morts dans la terrible cascade. Le glacier avance de plus d'un mètre par jour et des crevasses s'ouvrent et des effondrements se produisent régulièrement. C'est la partie la plus dangereuse de la course et tout le monde essaie de la traverser le plus rapidement possible. Mais ils sont exposés au danger durant près de trois heures.
Le 12 août, la grande caravane de cent cinquante porteurs se met en marche et se déplace d'abord en bus jusqu'à Jiri sur des routes boueuses, puis la longue marche de quinze jours pour atteindre le camp de base.
Le 20 août la terre tremble au Népal, le centre est énormément sinistré, les maisons s'écroulent, des milliers de morts sont recensés, les avions et les hélicoptères sont réquisitionnés.
Pour d'obscures raisons, les presses française et suisse annoncent la disparition de Jean-Marc et d'André. Ce fut une catastrophe pour la famille d'André et durant quinze jours, sa femme Agnès a gardé un doute jusqu'à ce qu'elle puisse lui parler au téléphone à Kathmandou.
Le sommet
 Les différents camps de la voie la plus utilisée pour vaincre l'Everest
Le 25 septembre, toute l'équipe se retrouve au col sud à 8000m, les uns venant du camp III à 7400m, Jean-Marc et André venant directement du camp II à 6200m.
L'équipe se met en marche le lendemain sur le coup des 5 heures du matin. Les 800m ont été gravi en dix heures, c'est dire qu'à cette altitude la progression est lente.
Au ressaut Hillary, Jean-Marc est devant et André l'assure. Il y a beaucoup de neige. De là, le sommet est tout prêt. Cette dernière arête est très belle, effilée, et le sommet vraiment extraordinaire avec une vue sur les hauts plateaux tibétains et tous les sommets voisins.
Jean-Marc déballe son parapente. Il y a un vent de face de 40 km/h environ, et il est très irrégulier. Il faudra plusieurs essais et 1h30 pour réussir le départ. Petits pas de course et ça y est, il est en l'air et entre dans l'histoire de l'Everest.
Tout le monde redescend dormir au col sud une partie de la nuit et se rejoint ensuite au camp de base. Une fois sorti des difficultés, un sentiment de joie t'envahit, une satisfaction du devoir accompli. Après de tels efforts, on se relâche et le bien-être remplace la douleur.
 Passage du glacier du Khumbu |
 André sur "le toit du monde" |
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