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  Manaslu  

 

manaslu

 

Le départ

André et Armand Salamin arrivent à Kathmandou le 7 septembre. Ils seront rejoints le 11 par Fons, Fred et Roland, le 12 par Chantal. Le 13, départ pour Gorkha sur des routes boueuses et souvent coupées. Ils remontent la vallée de Buri Gandaki durant une dizaine de jours. Les gens y vivent comme au Moyen-âge, coupés du monde avec de minuscules exploitations agricoles.

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Au bout de la vallée, première vision de la montagne Himal Chuli à 7900m d'abord, puis le Manaslu qui est très spectaculaire côté Sama.

 

La montée des camps de bases

Le 23 septembre, montée au camp de base. Ils y restent trois jours puis réussissent à faire déplacer le camp à 4960m, sommet de la moraine et pied du glacier.
Ils sont la seule expédition sur le Manaslu et le chemin est dangereux : labyrinthe de crevasses, de séracs et beaucoup de neige. Le parcours le plus sûr est analysé à l'aide de jumelles et le 28 septembre, André part avec Armand pour chercher le cheminement.

Le 29 septembre, départ à minuit avec Armand pour le premier contact avec la chute de séracs, montée au camp I avec les cordes fixes. Ils équipent la première partie puis redescendent en fin d'après-midi. Tout à coup un bruit les fait sursauter, un sérac est tombé et a provoqué une grosse avalanche dans la pente où ils devaient monter. Ouf ! Ils sont passés à côté.

Le 1er octobre, départ à 2 heures du matin. Roland qui a des crampes et Chantal restent au camp I. Avec Armand et deux Sherpas, André continue vers le camp II. Ils équipent la pente raide et un sérac vertical en cordes fixes. La plaque n'est pas très solide et elle sera leur principal souci durant toute l'expédition. Le camp II est installé à 6000m, une partie des séracs très spectaculaire d'où la vue est magnifique.

Départ au petit matin pour installer le camp III. Armand et André alternent devant entre de grosses crevasses dans une neige profonde. Les Sherpas suivent avec la tente et le matériel. Le soir ils redescendent au camp de base. La journée a été très dure, ils ne sont qu'à 6800m et il reste encore du pain sur la planche.

 

Mauvaises conditions

Le 5 octobre, il ne fait pas très beau, deux Sherpas sont montés au camp III, puis le 6 ils montent à 7400m poser une tente et rentrent le soir au camp de base.

Le 7 au soir, ils effectuent une tentative, départ à 19 h avec l'idée de marcher toute la nuit et gagner le sommet de jour. Ils atteignent le camp II à minuit, puis le camp III à 6h30 du matin. Ils y dorment puis repartent à 11 h jusqu'au camp IV où ils arrivent à 16 h.

Mais mauvaise surprise, la tente s'est affaissée par l'accumulation de neige. La nuit est très difficile, toutes les affaires sont mouillées et pleines de neige. Exclu de continuer et au petit matin ils rentrent au camp de base.

Le vent ne cesse de souffler, les crevasses se sont énormément élargies, et l'itinéraire doit être corrigé par endroits. Il fait également très froid et Fons décide de rentrer en Hollande une semaine avant la date prévue. Les autres décident de rester.

Le 14, Fred monte pour faire un essai ; nuit au camp III mais le lendemain il fait mauvais et il neige 50cm. Le moral en prend un coup car il faudra refaire toutes les traces.

 

Le sommet de l'effort et de la volonté

Le départ est donné du camp III à 3h30 du matin pour André. Chantal l'a suivi peu après et Armand en dernier. 1460 mètres les séparent du sommet. La pente est tout de suite raide, 45 degrés sur 700m de hauteur.

A partir du camp IV, un vent violent les accueille et ne les quittera plus de la journée. Sur le glacier sommital le froid les prend de partout, ils sont obligés de continuellement bouger leurs orteils et leurs mains. André et Armand sont toujours là, mais Chantal a abandonné. Le vent a eu raison de son poids plume.

A 11h30 André parvient au sommet et croise Armand sur la petite arête très effilée. Il n'y a pas de place pour deux au sommet. Le coup d'oeil est extraordinaire. A l'ouest l'Annapurna et le Daulhagiri, au nord les plaines du Tibet, à l'est le Shisha Pangma et au sud les autres vallées du Népal.

Le vent est encore plus fort et ils atteignent le camp III à 14h30 et y restent car c'est le seul camp sur la montagne. Ils ont réussi l'ascension d'une manière très rapide, en 7h30 du camp III au sommet.

 

Le retour

Ils montent tout d'abord la vallée d'où ils sont venus, passage d'un col à 5200m et descente par les vallées de la Dudh Khola et Marsyandi, afin de faire le tour du Manaslu.

Le dernier soir ils organisent une petite fête. Padam a acheté 5 poules qui ne sont pas très grosses. Ils boivent de la bière et de la vodka. Très belle ambiance, ils chantent et dansent. A un moment donné, un homme tout vêtu de rouge apparaît. C'est le propriétaire du terrain. A cet instant commence une âpre discussion qui s'éternise. A un moment donné, André se lève et lui verse sa bière sur la tête. Cela a jeté un froid dans l'assistance, froid suivi d'un grand silence. Pour éviter qu'il ne parte ameuter tout le village, les Sherpas lui expliquent que c'est un signe d'amitié, qu'il est joyeux d'avoit fait le Manaslu. Il repart en faisant de grands saluts.

Cette coutume viendrait d'un lointain pays...le val d'Hérens.


Au dessus du camp II lors de l'ascension du Manaslu
Au dessus du camp II
andré au sommet du manaslu
André au sommet du Manaslu